03.07.2008
le quotidien
Depuis quelque temps, je me sens mal, une grande fatigue physique et morale prend le dessus. J'ai l'impression que j'ai le contre coup de ces 14 mois de quotidien.
Tout a été vite, très vite, trop vite. Après le départ de guillaume c'est comme si un ouragan avait dévasté ma vie, comme si je n'existais plus, comme si ma vie s'était arrêtée là devant ce cercueil dans ce cimetière.
Et pourtant le quotidien a repris son cours, je me suis levée tous les matins, je suis retournée au travail, j'ai recommencé à faire les courses, le ménage, la cuisine etc.....mathilde est revenu passé ses week end et ses vacances à la maison. Tout continuait comme si rien ne s'était passé. Les gens n'avaient pas changé, mes collègues parlaient toujours de leur petits soucis, de leur petits tracas du quotidien, mathilde faisait toujours comme si je n'existais pas dans la vie de son père, et tout le monde faisait comme si rien n'avait changé dans ma vie.
Alors moi aussi je me suis mise à avancer, à continuer à vivre, à parler, à rire comme si tout allait bien. Je voulais que mes parents, mes enfants, mon mari, les gens pense que j'allais bien. Je ne voulais pas leur faire de peine, je ne voulais pas les encombrer avec ma souffrance.
Mais tout allait trop vite pour moi, je sentais bien que je ramais derrière, que j'avais du mal à avancer. Je regardais mes collègues parlaient de leurs enfants, de leur soucis et tout cela me paraissait loin si loin de moi.
Je prenais sur moi mais je ne pouvais plus supporter l'indifférence de mathilde, chaque week end, chaque vacances étaient une torture pour moi. Je ne voulais pas que mon mari se trouve pris entre moi et sa fille alors je ne disais rien, j'avais envie de vomir à chaque fois qu'un week end s'annonçait, j'avais mal partout pendant tout le week end, cette situation m'étouffait. J'ai eu souvent l'envie d'exploser, de crier ma souffrance.
Les anniversaires, noel, la fête des mères, toute ces réunions de famille ou j'ai gardé le sourire malgré tout, ou j'ai parlé comme si de rien n'était. Ces réunions me faisaient plaisir et souffrir en même temps.
Tout a été trop vite, la vie a repris son cours trop vite, j'aurais du dire STOP, j'ai besoin de temps, besoin de me trouver, besoin de me retrouver dans cette nouvelle vie.
Le quotidien, après un tel traumatisme, est très dur à gérer. Tu te retrouves prise par le mouvement de la vie, et tu avances malgrè toi.
Aujourd'hui j'ai décidé de m'arrêter un peu, de me poser, de me reposer, de faire le point sur tout ce vécu.
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19.02.2008
et maintenant
bonjour mon ange,
ce passage des un an a été bien plus difficile pour moi que je ne l'imaginais mon bonhomme.
Pendant toutes ces années avec tes soeurs marjory et cécile nous avons beaucoup vécu pour toi. Pour que tu sois heureux, pour que tu puisses profiter de plein de chose.
Peut être que j'avais trop basé ma vie sur la tienne, depuis ta naissance je n'avais qu'un seul but te rendre heureux et te protéger. Alors aujourd'hui j'ai beaucoup de mal à trouver un but dans ma vie, quelque chose qui me donnerai envie de continuer à vivre normalement.
Bien sûr j'ai continué à vivre, mais j'ai encore du mal à avoir envie de vivre. Je n'ai plus ce besoin de revenir te trouver comme au début, mais mon envie de vivre m'a quitté lorsque tu es parti.
Pendant 22 ans j'ai eu peur pour toi, pendant 22 ans j'ai vécu dans l'angoisse et dans un stress qui me faisait avancer, et vivre j'avais un but TA VIE.
Aujourd'hui, mon esprit est embrumé, je n'arrive pas à trouver en moi cette force qui était mienne et me poussait toujours plus en avant. Ton départ a creusé un tel vide en moi, qu'il m'est difficile de le combler.
Et puis, il y a eu tellement de problèmes depuis ton départ, que j'ai du assumer au fur et à mesure alors peut être que je n'ai pas eu le temps de pouvoir penser à demain.
Et maintenant, un an après, si je fais le bilan de cette année, j'ai l'impression de l'avoir vécu sans vraiment la vivre.
J'espère que maintenant je vais avoir un peu de temps pour me poser et me reposer et regarder devant moi......
Je t'aime mon ange
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12.02.2008
et le temps s'écoule
Bientôt un an que guillaume nous a quitté, en pleine jeunesse, en pleine vie.
Et pourtant il ne s'est pas passé un seul jour ou il n'est pas avec moi. Je sais que je ne peux pas et que je ne pourrais pas vivre sans lui.
Nous avions une telle complicité lui et moi, un tel amour l'un pour l'autre, nous avions vécu tant de chose ensemble tous les deux que je sais qu'il restera à jamais dans ma vie.
Je sais qu'il y a certaines personnes qui ont du mal à comprendre à quel point son absence est dure pour moi. J'ai trois enfants et je les ai tous aimé d'un même amour. Mais guillaume était "différent" il avait besoin de plus de protection que ces soeurs, besoin d'être entouré et aimé d'autant plus que sa naissance a été un miracle.
Cécile et marjory n'étaient pas jalouse de cet amour qui me liait à mon fils, elles même étaient comme moi, toujours à le surveiller, toujours à l'aider, toujours à le protéger et à tout lui donner.
Guillaume c'était la lumière de notre vie, cette petite flamme qui brille mais qui peut vaciller à n'importe quel moment.
Je le savais, ses soeurs s'en doutaient, et malgrè ma peur et malgrè mes doutes, j'ai regardé ce petit bonhomme devenir un homme.
Et au moment ou tout le monde croyait que le pire était passé, le pire est arrivé.
Et après que reste-t-il, des larmes, de la tristesse, de la souffrance et des souvenirs pleins de souvenirs..et cet amour qui durera toujours.
14:20 Publié dans que reste-t-il après | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.11.2007
je n'y arrive pas
J'ai décidé d'arrêter de me mentir à moi même, et de faire semblant que tout va bien pour que les "autres" ne souffrent pas de mes souffrances.
Il faut que je me rende à l'évidence, je n'y arrive pas, je n'arrive pas à me résigner à cette mort si injuste pour moi.
Pour la première fois depuis 10 mois, je prends conscience à quel point je vais mal à l'intérieur et qu'il faut que je me rende à l'évidence, je suis en dépression.
C'est un mot qui m'a toujours fait peur, "la dépression" j'ai tellement vu autour de moi, surtout dans mon milieu professionnel, des gens en dépression, qui faisaient des stages en maison psychiatrique, qui faisaient des thérapies depuis 10 ans, des gens qui allaient mal sans savoir vraiment pourquoi, et qui n'arrivaient jamais à se remettre, ces gens là se gavaient de médicaments pour aller mieux et pourtant ils étaient toujours mal.
Bien sûr pour moi c'est différent, je sais pourquoi, cela n'empêche pas la souffrance, mais me permet d'entamer un travail sur moi pour essayer d'aller mieux un jour. C'est clair qu'il n'est pas question que je fasse des stages en maison psychiatrique.
Je crois que le fait d'avoir accepter mon état m'aide à mieux comprendre pourquoi je suis toujours si fatiguée. Il faut que j'apprenne à vivre différemment, à prendre des moments pour moi, ce que je n'ai jamais fait en réalité. Il faut que j'accepte que la force de caractère que j'ai toujours eu dans tous les moments difficiles de ma vie m'a lâchement abandonnée.
Il faut que j'accepte ma fragilité parce-que sans m'en rendre compte, à force de faire semblant, je suis descendue petit à petit dans un trou sans fond ou il n'y a pas d'issue.
Mon fils me manque, il faut que j'apprenne à vivre avec ce manque, ce vide, cette frustration et cette absence de tous les jours.
Il faut que j'apprenne à avancer doucement, tout doucement, sans brusquer les choses, sans vouloir aller trop vite, il faut que j'accepte ce mal de vivre qu'il y a en moi et que j'arrive à le maîtriser petit à petit.
Je sais maintenant que cela va être long, très long, j'espère que ma famille autour de moi va comprendre et accepter ce changement car cela va être sûrement difficile à supporter pour eux, j'en suis consciente.
Mais je crois que faire ce deuil est trop dur pour moi pour le moment, je n'y arrive pas, il va falloir que j'aille jusqu'au bout de ce chemin quitte à tomber de temps en temps pour pouvoir mieux me relever.
10:44 Publié dans que reste-t-il après | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
21.11.2007
ta colère.....
Il te reste ta colère. Ta colère contre les autres, contre ceux qui n'ont pas cherché à connaître guillaume, qui n'ont pas cherché à l'aimer, à le comprendre, à l'écouter, qui ne connaissaient rien de sa vie quand il était vivant, et ceux là même aujourd'hui font un repas, lui écrivent des prières pour l'anniversaire de sa mort, ceux là même lisent ces prières devant des étrangers qui ne connaissaient pas mon fils. Pourquoi?????? A quoi ça sert aujourd'hui de prier pour son âme, à quoi ça sert aujourd'hui de faire un repas en son absence???????
C'était un enfant merveilleux et exceptionnel tout ceux qui l'ont connu, vraiment connu, savent le dire, son âme était belle, il ne connaissait pas la méchanceté, l'envie, l'orgueil. Il aimait les gens, il savait te redonner le sourire quand tu étais triste, il t'aidait à mieux comprendre les autres, il t'aidait à moins te prendre la tête. Quand je n'allais pas très bien à cause des enfants de mon mari, que j'étais tracassée, que je ne savais plus très bien comment faire pour que tout se passe bien, que j'avais peur que mon mari ne me quitte à cause de ses enfants, il me disait souvent : "t'inquiète pas, tout ça ce n'est pas bien grave, franck t'aime, il sait que tu l'aimes c'est le plus important et puis je suis là moi aussi, tant qu'on est ensemble il ne peut rien nous arriver".
Mais maintenant il n'est plus là, et depuis tout m'est arrivé...........et je n'ai plus personne à qui en parler. Lui seul pouvait comprendre car lui seul était capable de savoir qui j'étais, et comment je fonctionnais. Lui seul savait quand "je faisais semblant!!!!!!"
Aujourd'hui je peux continuer "a faire semblant que tout va bien" personne ne va s'en rendre compte, car pour s'en rendre compte il faut savoir sonder mon "moi intérieur" et il était le seul à avoir la capacité de le faire et surtout à avoir envie de le faire. Car quand j'étais mal il n'était pas bien lui non plus.
15:21 Publié dans que reste-t-il après | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Les autres....
Après, il y a aussi les autres, ceux qui comprennent et qui continue à te parler comme si de rien n'était, ceux qui n'osent pas te parler, qui font semblant de ne pas t'avoir vu parcequ'ils ne savent pas quoi te dire.
Pour les autres, tu es différente, tu ne fais plus partie de leur monde, tu vie dans un monde à part, un monde ou on ne sourit plus, un monde ou la souffrance détruit tout. Tout ce qu'ils peuvent te dire c'est "Je ne voudrais pas être à ta place" mais moi non plus, je ne voudrais pas être à ma place.
En fait tu leur fais peur, ils ont peur d'attraper ta souffrance, peur de sentir ta souffrance, peur de vivre ta souffrance......peur de t'aider dans ta souffrance, Alors tu te retrouves encore plus seule, tu te sens différentes c'est sûr, tu ne t'attache plus aux biens matériels, l'argent n'a plus d'importance pour toi, les petits tracas du quotidien de chacun te paraissent ternes et sans saveur, souvent tu n'as qu'une envie c'est de leur dire, de leur crier, c'est pas grave, tu es en vie n'est ce pas le plus important. Mais tu sais que tu ne peux pas car tu sais qu'ils ne comprendraient pas, leurs petits soucis pour eux sont graves. Et puis si tu leur disais cela, tu serais encore plus seule, plus personne n'oserait te parler.
Mais cette solitude te fait mal, tu te sens souvent réduite au silence, tu aurais envie de parler de lui, de ce que tu as vécu, de ce que tu ressens, de ce que tu vie, mais tu as souvent l'impression de gêner, souvent les gens changent de sujet, ou s'arrête de parler. Alors tu te trouves réduite à parler à une photo ou à parler toute seule......Et oui tu deviens un peu googol c'est vrai......
Je trouve dommage que dans ma région il n'y ait pas d'association ou de groupe de parole pour les parents qui ont perdu un enfant. Je suis une psychothérapie, bien sûr, mais cela ne me suffit pas, et puis les moments ou je suis mal et ou j'ai envie de parler ne tombent pas toujours quand tu vas voir ton psy, et puis un psy ce n'est qu'un médecin, il ne peux pas toujours comprendre ta souffrance, il ne l'a en principe pas vécu.
14:55 Publié dans que reste-t-il après | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.11.2007
Après toi.....
Je sais que "vilaine fille" a raison, que le temps apaisera ma douleur, j'en parle souvent avec mon mari, je sais que pour lui aussi c'est dur, mais il me dit souvent lui aussi : prends le temps ne précipite pas les choses, c'est sûrement trop tôt pour toi.
Mais je me sens toujours si fatiguée, parfois je me dis que si j'étais moins fatiguée, j'arriverais peut être à penser différemment. Mais finalement je ne crois pas, car cette fatigue c'est dans ma tête qu'elle est et pas dans mon corps.
Pendant la semaine avant son anniversaire, j'étais très mal, je n'imaginais pas comment j'allais pouvoir passer cette journée sans lui et pourtant elle est passée cette journée. Pour son anniversaire, ma belle mère, qui aimait beaucoup guillaume, nous a donné de l'argent pour acheter une plaque et des fleurs. Moi j'avais aussi acheté une plaque, depuis sa mort, je n'en avais pas eu le courage. Je ne suis pas croyante, c'est vrai, et le fait de me retrouver sur cette tombe ne représente pas grand chose pour moi, là dedans il n'y a que son corps, je ne ressens pas grand chose, et puis j'ai horreur des cimetières......je n'y vais jamais pour la fête des morts et je n'irai jamais pour fêter le jour de sa mort.
Mais pour son anniversaire, je suis allée sur sa tombe avec mon mari, nous avons installé les fleurs et la plaque de "Mami Dédé" et j'ai installé ma plaque, une jolie plaque comme du verre, sur un fond bleu océan, avec pleins de petites fleurs séchées à l'intérieur. J'ai regardé sa tombe, je l'a trouvé jolie, plus gaie, mais je n'ai pas vraiment ressenti de souffrance.
Et finalement ce jour là est passé, comme les autres jours, l'après midi je suis allée me promener avec mon mari et les chiens au parc à côté de la maison, il faisait beau mais froid, mais j'ai appréciée cette promenade, on a parlait de guillaume, de moi, cette journée a été moins dure que je ne l'avais imaginée.
Mais je sais qu'il aura d'autre "mauvais jours" c'est comme ça, ces jours là sont horribles car le plus dur c'est quand tu regardes la photo de ton fils et que tu as envie de lui parler de le prendre dans tes bras et que tu sais que ce ne sera plus possible. Même si son amour est tout les jours dans mon coeur, c'est très difficile à vivre.
Mais tu as raison "vilaine fille", je veux vivre, je veux retrouver le sourire, je veux rendre à nouveau mon mari et mes enfants heureux, je veux prendre du plaisir sans culpabiliser, je veux, je veux, je veux........Mais je sais que ce sera long.
16:40 Publié dans que reste-t-il après | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.11.2007
un mauvais jour
j'appréhende de plus en plus ces "mauvais jours", je me lève le matin plus fatiguée que la veille, je suis angoissée, je suis mal, je regarde ta photo dans la salle à manger et là je suis submergée par la souffrance, par ton absence.
Ce matin au bureau, va savoir pourquoi, mes collègues parlaient de la naissance de leurs enfants, chacune racontait comment ça s'était passé, alors j'ai moi aussi revécu ta naissance, une naissance dans la douleur et la peur.
Que cette journée va être longue...... Je suis là devant mon clavier et je regarde ta photo, celle du noël de l'an dernier, tu es là avec ton bonnet, ton sac à dos et le tee-shirt de cécile, tu me regardes et j'ai l'impression que tu vas me parler.
Moi je n'arrive même plus à te parler, j'ai envie de hurler, mais aucun mot ne sorte de ma bouche. JE VEUX QUE TU REVIENNES. Pourquoi, pourquoi, pourquoi, tant de souffrance et de douleur, pourquoi tant de haine envers moi.....Pourquoi tu m'as quitté.
Ce qui a de plus terrible dans la mort, pour ce qui reste, c'est que c'est définitif. Quelque soit l'endroit ou tu es parti, aujourd'hui tu n'es plus là avec moi, avec nous et ça je n'arrive pas à le supporter.
Combien de temps faut-il pour se faire une raison, pour se faire à l'idée que je passerai le reste de ma vie sans toi.
Ces mauvais jours m'épuisent physiquement et moralement, je me sens si fragile dans ces moments là, je n'arrive pas à dominer cette souffrance, ma tête est envahie d'image de toi, de toi vivant....
J'ai tellement envie de te serrer dans mes bras, de te parler, il y a une telle frustration en moi c'est terrible et tout ce que je peux faire pour alléger cette souffrance c'est pleurer, pleurer et pleurer encore.
Dans ces moments si terrible, le seul remède que j'ai trouvé jusqu'à présent c'est mon travail, même si je suis fatiguée et épuisée, je ne supporterai pas de rester seule à la maison, ce travail me permet de voir du monde, de me changer la tête et de m'empêcher de trop penser.
Mais tu n'es pas là, tu n'es plus là, tu m'as quitté pour toujours, toujours c'est beaucoup trop long......Alors je t'imagine, je t'imagine aujourd'hui à bientôt 23 ans, j'imagine ce que tu ferais, ce que tu dirais, je t'imagine avec sophie, je nous imagine manger un kebab tous les 4 comme avant, je nous revois avec ta soeur en train de prendre un petit apéritif le samedi soir, toute ces petits moments qui faisaient notre bonheur, notre vie.
Tu étais si beau, si exceptionnel, si gentil, si attentionné, si si si si.....Tu me manques tellement.
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14.11.2007
il reste la vie
Et la vie continue, inexorablement, jour après jour, mois après mois......
Dans la semaine qui a suivi la mort de mon fils, je n'ai rien ressentie, j'étais comme anesthésiée. A l'enterrement, je ne voulais pas encore y croire, je suivais ce cercueil mais je n'arrivais pas à m'imaginer qu'il y avait dedans le corps de mon fils mort...
Et puis les jours passent, les mois passent, la douleur arrive petit à petit insidieusement, le vide et l'absence se font ressentir de plus en plus fort, de plus en plus vrai. Et là c'est le déferlement de la souffrance qui vous envahit, qui s'insinue dans tout votre être, dans votre corps, vous n'êtes que douleur et tristesse. Vous voulez comprendre, vous refusez la réalité, vous n'acceptez pas cette mort injuste qui vous a pris votre enfant.
Alors vous cherchez à vous raccrocher à quelque chose, mais à quoi!!!!!!!!! Au début vous pensez que vous n'allez pas survivre à cette souffrance, que vous allez bientôt rejoindre votre petit, mais devant vous il y a la vie, la famille, et petit à petit vous apprenez à avancer malgré tout, vous avez mal partout, vous êtes fatigués, voire épuisés par moment mais vous continuez à vivre.
Au bout de quelques mois, vous savez que vous n'avez pas le droit de quitter cette terre et de partir le retrouver, votre famille a trop besoin de vous, alors vous changez tout doucement, au jour le jour, avec des jours mieux et d'autres atroces.
Mon mari et moi nous n'avons pas la même façon d'apprehender cette douleur, pour moi elle passe par la parole et l'écriture, j'ai besoin de l'extérioriser, alors que lui a toujours beaucoup de mal à en parler, mais comme il fait de la musique depuis des années, après la mort de guillaume il ne pouvait plus, alors je lui ai dit "installe toi devant ta guitare et ton clavier, pense fort à guillaume et exprime par les notes ce que tu ressens au fond de toi.
Je ne sais pas si ça a marché, c'est quelqu'un qui parle peu, mais depuis un certain temps, le soir quand je regarde la télévision, j'entends quelques notes de guitare. Il a repris la musique et je sais que c'est important pour lui.
C'est sûrement les prémices d'une nouvelle naissance, on sait que l'on ne retrouvera jamais notre bonheur d'avant, notre vie d'avant, mais il nous faut réapprendre à vivre après!!!!!!!!!!!!!
14:27 Publié dans que reste-t-il après | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
08.11.2007
Pour ceux qui restent
Alors que reste t il après pour ceux qui restent ??????
Il ne reste rien sur le moment que ce traumatisme intense.
J'ai vécu la mort de mon fils en direct, j'ai eu de l'espoir quand il a retrouvé l'usage de ses membres, et puis il y a eu l'arrêt cardiaque, le comas artificiel, et là jours après jour j'ai vu son corps se dégrader, les reins d'abord, il était sous dialyse, le foie ensuite, il était jaune, les yeux, ses rétines s'étaient décollées.....jusqu'à la fin j'ai espéré que sa jeunesse pourrait détruire cette bactérie. Même si je me disais "dans quel état va t il s'en sortir.........
Mon fils est mort à cause d'une minuscule bactérie qui a détruit son coeur et son sang et personne n'a été capable de me dire comment il avait bien pu l'attraper.
Cet enfant, c'était ma réussite après tant d'échec dans ma vie, il avait survécu à sa naissance et j'avais réussi à la préserver des maladies pendant toutes ces années. J'étais sûre que tout allait bien se passer, il était adulte, il était amoureux, il y avait moins de risque, cet enfant c'est sûr me survivrait................
Quand il était jeune et que je pensais qu'il pouvait mourir, je me disais au fond de mon coeur : si il meurt, je ne lui survivrais pas.....
Mais j'ai survécu car on ne meurt pas de chagrin, on vit avec. 10 mois déjà et bientôt son anniversaire, il aurait eu 23 ans........
Et même si la douleur est toujours là, toujours aussi forte, je sais que je dois apprendre à l'approvoiser et à vivre avec elle car j'ai deux autres enfants, un mari, des parents, qui ont tous besoin de moi en vie et non pas mort-vivante.
Mais que c'est dur!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
15:10 Publié dans que reste-t-il après | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note